Le disque Baroque à Bossa

Les Sales Caractères

Le disque "Baroque à Bossa" enregistré par Les Sales Caractères en juillet 2012 est sorti le 28 octobre 2013 chez le label Indésens. Il est distribué sur les principales plateformes de téléchargement en ligne. Il est aussi distribué en magasin à l'étranger. Ce disque est disponible à la vente sur ce site.

 

Pour commander un ou plusieurs CD dès à présent (15€le CD, frais de port compris), il vous suffit de nous contacter:

Contenu du CD

« Manhã de carnaval » Luiz Bonfá (1922-2001)

(chant, archiluth) - Arrangement et prélude: R. Lopes

 

« Quanto dolce è quell’ ardore » Francesco Mancini (1672-1737)

(chant, flûte à bec, théorbe, clavecin)

Largo, Recitativo, Allegro

 

« Samba e amor » Chico Buarque (1944-…)

(chant, cornet à bouquin, théorbe, clavecin) - Arrangement: R. Lopes, prélude : M. Labrousse

 

« Bastidores » Chico Buarque

(chant, flûte à bec, théorbe, clavecin) - Arrangement: R. Lopes

 

« Marte, Amore, guerra e pace » Anonyme napolitain (XVIIIe)

(chant, flûte à bec, archiluth, clavecin)

Allegro, Largo, Recitativo, (Allegro), Recitativo, Presto, Andante

 

« Pedaço de mim » Chico Buarque

(chant, cornet à bouquin, théorbe, clavecin) - Arrangement: R. Lopes

« Todo o sentimento » Chico Buarque et Cristovão Bastos (XXe-...)

(chant, clavecin) - Arrangement: M. Labrousse

« Se pur fosse il cor capace » Domenico Sarro (1679-1744)

(chant, flûte à bec, théorbe, clavecin) 

« Chega de saudade » Tom Jobim (1927-1994)

(chant, flûte à bec, théorbe, clavecin) - Arrangement: R. Lopes, prélude: R. Calveyra

L'enregistrement a eu lieu en juillet 2012 à l'église luthérienne de Bon-Secours dans le 11e arrondissement de Paris.​

Alban Moraud en a effectué la prise de son, la direction artistique et le montage.



Les Sales Caractères avec Alban Moraud, sur le parvis de l'église de Bon-Secours, le 20 juillet 2012.

Critique du CD

Patrice Imbaud, pour "L'Education musicale"

Lettre d'information - n°76 - Décembre 2013

http://leducation-musicale.com/newsletters/breves1213.htm#_lien9

« Baroque à Bossa ». Ensemble Les Sales Caractères. 1CD Indésens : INDE052. TT : 53’41.

Un disque qui juxtapose de façon un peu surprenante des œuvres appartenant à la musique italienne du XVIIIe siècle et des œuvres populaires brésiliennes des années 50, issues de la Bossa Nova, mêlant, avec bonheur, les accents jazzy nord américains aux rythmes syncopés du Samba. [...] ce qui parait particulièrement original est que toutes les pièces de cet enregistrement sont jouées, avec une réelle réussite, par un instrumentarium de type baroque, associant flûte à bec, cornet à bouquin (Rodrigo Calveyra), clavecin (Marie Labrousse), archiluth et théorbe (Ronaldo Lopes) sur lequel vient planer la superbe voix du contre ténor Christophe Laporte. Un disque à déguster comme une friandise, un disque qui invite à la danse et surtout une magnifique occasion de découvrir l’alto d’une admirable expressivité et d’une belle rondeur de Christophe Laporte. Une découverte à suivre…

Diffusion radio du CD

28 janvier 2013 de 11h à 12h30 sur France Musique:

Diffusion de l'émission "Le matin des musiciens" enregistrée de 13 décembre 2012, consacrée à l'ensemble Les Sales Caractères, proposée par le journaliste Edouard Fouré  Caul-Futy. Retrouvez l'émission consacrée aux Sales Caractères en suivant ce lien.

13 octobre 2013 à 7h sur France Musique:

Diffusion de deux extraits de Baroque à Bossa  dans l'émission "leur premier CD" présenté par la journaliste Gaëlle Le Gallic. Vous pouvez réécouter l'émission en suivant ce lien.

 

11 octobre 2013 à 17h sur France Musique:

Diffusion de deux extraits de Baroque à Bossa  dans l'émission "Changez de disque" présenté par la journaliste Emilie Munera. Vous pouvez réécouter l'émission en suivant ce lien.

 

Concept du CD

Ce programme associe la musique baroque italienne du début du XVIIIe siècle à la musique brésilienne populaire des années 1950 à 80, communément appelée Bossa Nova. Le contraste entre les sentiments de joie et de souffrance provoqués par l’amour, sujet de prédilection des compositeurs et poètes de toutes époques, lui sert de fil conducteur.

 

On passe aisément d’un style à l’autre, mettant en avant la technique de l’acciacatura et l’art du rubato. L’acciacatura, ajout harmonique préconisé dans l’accompagnement de la musique italienne dans les années 1700, donne aux enchaînements d’accords des sonorités semblables à celles que l’on retrouve dans la Bossa Nova. Le rubato, liberté rythmique du chant face à la rigueur de l’accompagnement, est un procédé d’interprétation commun aux deux esthétiques, un trait stylistique qui les rapproche davantage. Enfin, ces musiques ont toutes deux la caractéristique d’être notées de façon succincte; elles ne peuvent être jouées en l’état, elles ont besoin d’instrumentation, d’arrangement, d’ornementation pour pouvoir exister.

 

Toutes ces ressemblances ont motivé et réuni Les Sales Caractères autour du projet "Baroque à Bossa" et donnent à ce spectacle une couleur très singulière.



La musique italienne
Les deux cantates baroques choisies pour ce programme, sont issues des fonds de la bibliothèque du Conservatorio di musica S. Pietro a Majella de Naples. Au cœur de la Méditerranée, cette ville jouit d’une exceptionnelle richesse musicale au XVIIIe siècle. En effet, elle voit naître d’illustres musiciens tels que Francesco Mancini (1672-1737) et Nicola Porpora (1686-1768). Ce dernier, dans les années 1715, crée une école de chant où sont formés les plus grands castrats de l’époque, parmi lesquels Farinelli et Caffarelli. A Naples, Francesco Geminiani (1687-1762) occupe la fonction de directeur de l’opéra de 1711 à 1714; Francesco Durante (1684-1755), Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736) et Allessandro Scarlatti (1660-1725), entre autres, y séjournent longuement, ce dernier en particulier pendant 27 ans, en tant que maître de chapelle du vice-roi. Tous participent, par leur œuvre ou leur influence sur leurs contemporains, à la constitution d’un riche et vaste patrimoine musical, encore peu exploité aujourd'hui. 



L’air de la cantate italienne du XVIIIe siècle présente généralement un plan en deux mouvements, dont le premier est repris (portant l'indication Da Capo). Cette reprise de la première partie offre au chanteur ou à l’instrumentiste jouant le dessus le loisir d’orner et varier la mélodie, en particulier dans un tempo lent. La première partie est légèrement ornée, la reprise de cette première partie est, elle, abondamment ornée et variée. Dans la même idée, les accords de l'accompagnement se doivent aussi d’être ornés, et cela s’effectue non seulement au moyen d’ornements communs tels que les trilles, les pincés, ou au moyen de ponts mélodiques et de contrechants, mais également avec des notes étrangères ajoutées aux larges accords. Décrites avec précision dans le traité de Francesco Gasparini intitulé "L’Armonico pratico al cimbalo" édité en 1722, ces notes ajoutées nommées acciacatura ou mordente, spécifiques de l’Italie du XVIIIe siècle, sont par exemple l’ajout de la note sensible dans un accord de tonique ou de la note tonique dans un accord de dominante. 

La liberté rythmique du chant, face à la rigueur de l’accompagnement, constitue le second point caractéristique de la musique italienne du XVIIIe siècle. Ce procédé appelé rubato qui signifie "dérobé" en italien,  a pour conséquence de légers décalages entre le chant et la basse. Le castrat italien Pier Francesco Tosi, dans son petit traité "Opinioni de’ cantori antichi e moderni (...)" édité en 1723, tente de décrire cette pratique et déclare au sujet des ornementations, que pour "réjouir l’esprit", elles doivent être exécutées "rubato". 

 

La cantate "Quanto Dolce è qu'ell ardore" est parfaitement représentative de cette esthétique. La cantate "Marte, Amore, guerra e pace" expose, elle, une forme non pas en trois, mais en six parties, (quatre airs courts avec reprise, et deux récitatifs), ce qui lui confère une grande dynamique. Elle présente aussi la spécificité d’être écrite sur un texte en dialecte napolitain révélant une sonorité vocale très particulière.



La Bossa Nova
Mené principalement par la jeunesse bourgeoise des quartiers aisés du sud de la ville de Rio de Janeiro, un courant musical novateur naît au Brésil dans les années 1950 : la Bossa Nova. Cette « nouvelle mode » introduit des éléments du Jazz nord-américain dans la musique populaire alors en vogue au Brésil : le Samba (en portugais samba est masculin!). L’alliance des harmonies sophistiquées du Jazz et de la rythmique syncopée du Samba, associée à une volonté manifeste de tout moderniser - des mélodies aux paroles des chansons - génère un mouvement qui ne cesse d’évoluer au long de trois décennies, contribuant de façon décisive à transformer le panorama de la musique populaire brésilienne. Les chansons spécialement arrangées pour ce programme ont pour auteurs Tom Jobim, un des précurseurs du courant Bossa Nova, et deux de ses plus célèbres héritiers : Chico Buarque et Luis Bonfá.

 

Les arrangements proposés par Ronaldo Lopes pour ces chansons sont à la fois imprégnés de sa culture d’origine et influencés par ses connaissances en écriture musicale ancienne. Parfois certaines tournures mélodiques rappellent subtilement la musique baroque.